Réponse courte : choisissez selon la source de vos revenus
Les D7, D8 et D2 sont des visas de résidence destinés aux ressortissants hors UE, EEE et Suisse, mais leurs objectifs juridiques diffèrent. Le bon choix n’est pas le visa au nom le plus séduisant : c’est celui qui correspond réellement à la manière dont vous gagnez votre revenu et à votre activité après l’installation.
- Choisissez le D7 si vous prouvez des revenus propres stables — pension, loyers, dividendes, redevances ou revenus récurrents similaires — et souhaitez réellement vivre au Portugal.
- Choisissez le D8 si vous travaillez à distance pour un employeur ou des clients établis hors du Portugal et atteignez le seuil de revenu professionnel supérieur.
- Choisissez le D2 si vous exercerez une activité indépendante, une profession admissible, créerez une société ou exploiterez un projet entrepreneurial lié au Portugal.
Quels sont les seuils financiers en 2026 ?
Le salaire minimum mensuel garanti portugais est de 920 € depuis le 1er janvier 2026. Il sert de base au calcul général des moyens de subsistance et au seuil du D8.
- D7 : 100 % du salaire minimum pour le premier adulte, soit 920 € par mois et 11 040 € sur 12 mois. Il faut ajouter 50 % par adulte supplémentaire (460 € par mois ; 5 520 € par an) et 30 % par enfant ou personne à charge (276 € par mois ; 3 312 € par an).
- D8 : revenu professionnel mensuel moyen des trois mois précédents au moins égal à quatre salaires minimums, soit 3 680 € par mois en 2026. Il faut aussi prouver le lien d’emploi ou de prestation et produire une attestation de résidence fiscale.
- D2 : les règles officielles ne fixent pas un investissement minimum unique garantissant l’approbation. L’entrepreneur prouve l’investissement réalisé ou prévu, sa nature, sa valeur et sa durée, ainsi que les fonds disponibles au Portugal. Le professionnel indépendant prouve son contrat ou sa proposition de services et, si nécessaire, ses qualifications.
Quand le D7 est-il le meilleur choix ?
Le D7 correspond généralement aux retraités et aux personnes disposant de revenus fiables qui ne dépendent pas d’un travail à distance quotidien. La catégorie officielle couvre les retraités et les personnes vivant de leurs propres revenus. L’épargne renforce un dossier, mais ne remplace pas automatiquement un revenu crédible, récurrent et traçable.
Un dossier D7 solide explique la source, la régularité et la pérennité du revenu. Les relevés bancaires doivent concorder avec les attestations de pension, baux, dividendes ou autres justificatifs. Le consulat peut exiger davantage que le minimum légal : les chiffres sont donc des repères, non une garantie.
- Profil adapté : pensions, revenus locatifs établis, dividendes, redevances et revenus propres récurrents comparables.
- Les pièces centrales comprennent généralement passeport, casier judiciaire, assurance voyage, logement au Portugal, moyens de subsistance et preuve de pension ou de revenu.
- Si le revenu réel provient d’un salaire étranger actif ou du travail indépendant à distance, le D8 est généralement plus cohérent.
Quand le D8 est-il le meilleur choix ?
Le D8 vise l’activité professionnelle à distance au profit de personnes ou d’organisations situées hors du Portugal. Il concerne salariés et prestataires indépendants, à condition que la relation soit réelle et documentée. Le test porte sur le revenu professionnel moyen des trois derniers mois, pas sur une somme déposée juste avant la demande.
Le salarié fournit un contrat ou une déclaration de l’employeur. L’indépendant peut fournir un contrat de société, un contrat de services ou la preuve de services rendus à un ou plusieurs clients étrangers. Après l’arrivée, l’AIMA demande aussi le visa D8 valide, le passeport, la confirmation de la relation étrangère et une adresse portugaise recevable.
- Adapté aux cadres à distance, professionnels de la technologie, consultants et freelances payés par des entreprises ou clients étrangers.
- Seuil 2026 : au moins 3 680 € par mois en moyenne sur les trois mois précédents.
- Une épargne importante ne compense pas des contrats faibles, une relation client imprécise ou un revenu inférieur au seuil.
Quand le D2 est-il le meilleur choix ?
Le D2 est la voie des entrepreneurs et professionnels indépendants. Il convient si l’activité sera basée au Portugal ou si le demandeur crée, achète ou exploite une entreprise portugaise. Il n’existe pas de minimum d’investissement D2 universel : le gouvernement exige la preuve de l’investissement et des moyens disponibles, sans imposer le même capital à tous les dossiers.
La qualité du projet compte davantage qu’un montant publicitaire. Le dossier doit expliquer l’activité, les clients, le choix du Portugal, le capital engagé, les moyens de vie du fondateur et l’exécution du plan. Une profession réglementée exige la preuve du droit d’exercer.
- Adapté aux fondateurs, propriétaires de société, consultants visant le marché portugais et indépendants établissant leur activité au Portugal.
- L’entrepreneur documente la nature, la valeur et la durée de l’investissement, les fonds disponibles et un plan d’exploitation crédible.
- L’indépendant prouve la relation de services et ses qualifications, puis les inscriptions fiscales et sociales portugaises demandées par l’AIMA.
Peut-on inclure conjoint, enfants ou parents ?
Les trois voies peuvent couvrir des proches admissibles, mais l’éligibilité familiale et les finances doivent être préparées dès le départ. Le regroupement familial couvre notamment le conjoint, certains enfants mineurs ou à charge, les mineurs adoptés et certains parents dépendants. Des actes d’état civil, preuves de dépendance, logement et moyens supplémentaires peuvent être exigés.
La famille peut utiliser une procédure d’accompagnement lorsqu’elle existe ou un regroupement ultérieur selon le consulat et l’AIMA. Il ne faut pas supposer que le revenu principal couvre automatiquement chaque proche sans calcul familial et vérification des liens.
Procédure, coût et délai
La séquence habituelle consiste à préparer les pièces civiles, financières, pénales, d’assurance et de logement ; déposer auprès du consulat compétent ; entrer avec le visa de résidence ; puis finaliser le titre auprès de l’AIMA.
- Les pages officielles D7 et D2 indiquent 90 € de frais consulaires et un délai de décision de 60 jours. Ce délai de service n’est pas garanti : demandes de pièces, compétence territoriale et rendez-vous peuvent l’allonger.
- Le visa de résidence est généralement valable pour deux entrées et quatre mois, période pendant laquelle le titulaire engage l’étape du titre.
- Le titre de séjour temporaire standard est généralement valable deux ans, puis renouvelable par périodes successives de trois ans sous réserve des conditions.
- Des frais AIMA, actualisés au 1er mars 2026, s’ajoutent, ainsi que casiers judiciaires, apostilles ou légalisations, traductions, assurance, logement, déplacements et conseil professionnel.
Obligations de séjour et résidence fiscale sont distinctes
Les D7, D8 et D2 sont des voies d’installation ordinaires, pas des permis d’investissement à faible présence. Une absence non justifiée de six mois consécutifs ou de huit mois non consécutifs pendant la validité du titre temporaire peut le mettre en danger. Toute longue absence doit être examinée et justifiée à l’avance.
Une carte de séjour ne tranche pas à elle seule la fiscalité. Une personne peut devenir résidente fiscale en passant plus de 183 jours au Portugal dans une période pertinente de 12 mois, ou en y conservant un logement indiquant l’intention d’en faire sa résidence habituelle. Une analyse fiscale portugaise et transfrontalière est indispensable avant le déménagement.
Quelle voie pour les profils courants ?
- Couple retraité avec pensions et loyers durables : évaluer d’abord le D7.
- Salarié senior travaillant en ligne pour une société étrangère et gagnant plus de 3 680 € par mois : le D8 est généralement le plus proche.
- Consultant avec plusieurs clients étrangers et revenu suffisant : D8 possible ; D2 plus cohérent si l’entreprise est établie et exploitée au Portugal.
- Fondateur créant une société portugaise, recrutant localement ou servant le marché portugais : généralement D2.
- Investisseur qui ne souhaite pas s’installer et recherche une présence minimale : examiner séparément l’ARI plutôt que D7, D8 ou D2.
Erreurs fréquentes
- Choisir le D7 parce qu’il semble moins exigeant alors que les documents montrent un emploi à distance actif.
- Traiter le seuil D8 comme un solde bancaire au lieu de trois mois de revenu professionnel admissible.
- Se fier à un prétendu investissement minimum D2 fixe absent de la page officielle.
- Présenter des relevés, contrats, données fiscales et explications de fonds incohérents.
- Fournir un logement fragile ou ignorer les exigences particulières du consulat.
- Croire que 90 € représentent le coût total ou que 60 jours constituent une garantie.
- N’examiner fiscalité, sécurité sociale, société et renouvellement qu’après l’arrivée.
Liste de contrôle avant la demande
Residency Partners peut coordonner une évaluation confidentielle et vous présenter un conseil portugais habilité. Ce guide a été vérifié le 21 septembre 2026 à partir des sources officielles indiquées. Il s’agit d’informations générales, non d’un avis juridique ou fiscal ; règles, frais et pratiques peuvent évoluer.
- Qualifier le revenu : propre, travail à distance étranger ou activité basée au Portugal.
- Faire concorder contrats, relevés, déclarations fiscales et lettres sur toute la période requise.
- Calculer les moyens du foyer pour chaque proche.
- Confirmer la liste exacte auprès du consulat compétent pour votre résidence légale.
- Examiner fiscalité, sécurité sociale et obligations de société avant de choisir.
- Faire valider l’éligibilité et le format des documents par un avocat portugais.


